robert goossens

ROBERT GOOSSENS (1927-2016)

BIOGRAPHIE

Robert Goossens naît en 1927 à Paris d’un père fondeur en bronze et d’une mère employée dans un théâtre. En 1942, il commence son apprentissage d’orfèvre-boîtier chez Bauer, un atelier qui travaille pour la Maison Cartier. Son initiation se poursuit au sein de l’atelier Lefèvre, toujours pour Cartier. En 1949, devenu artisan à domicile, il exécute des commandes très variées exigeant une grande maîtrise de différentes techniques, telles la marqueterie sur ivoire, écaille et nacre, le travail du bois et du cuir, la sculpture, la peinture ou encore l’émaillage. À cette période, c’est Max Boinet, ami des gens de mode qui entraîne le jeune Goossens dans le monde de la haute fantaisie (Dior, Balmain, Dessès, Rochas, Fath, Balenciaga, Castillo, Schiaparelli). Mais Robert Goossens reste fasciné par les bijoux antiques, vouant une grande admiration au joaillier animalier Sterle et surtout à la Maison Boivin. En 1953, tout en conservant son statut d’artisan indépendant, Monsieur Degorce sollicite Robert Goossens pour le seconder. Ce maître-artisan de 75 ans réalise alors pour Mademoiselle Gabrielle Chanel des bijoux rehaussés de perles, de strass, de rubis et de saphir. Rien à voir avec son vrai métier d’orfèvre, mais Goossens apprend. Il débute ainsi indirectement chez Chanel et laisse libre cours à sa créativité. Il élabore des bijoux d’inspiration barbare, wisigoth ou étrusque ; il conçoit des bracelets serpent avec un système de ressort intérieur. Pour Hermès, il crée le hérisson, le fer à cheval et l’étrier en or et argent. Son rêve prend forme : évoluer aux côtés des grandes signatures.

La rencontre avec Chanel

Mais si Robert Goossens fabrique pour Mademoiselle Chanel, il ne l’a toujours pas rencontrée. Suite à la disparition de Monsieur Degorce en 1957, il est convoqué chez Chanel par son assistante Mademoiselle Michelle. Coco le croise dans le couloir. Robert Goossens se présente. Elle le regarde et dit : « Je fais confiance aux vrais professionnels ». Ce bref entretien marque le début d’une collaboration passionnante jusqu’à la disparition de Gabrielle Chanel. Pour Mademoiselle Chanel, un bijou, quelle que soit sa valeur, doit être confortable, portable et fidèle à la personnalité de celle qui le porte. Un jour, Robert lui présente une collection de bijoux inspirés des Anciens. « Ils sont magnifiques » dit-elle, « et si on nous questionne, nous dirons qu’ils proviennent des fouilles de la rue Cambon ! » Mademoiselle veut plus ! Des bijoux toujours, mais aussi des objets, des miroirs, des lustres, du mobilier où s’assemblent les pyrites, le cristal de roche, le corail. Autant de symboles pour Coco Chanel qui, comme l’épis de blé de la prospérité et du bonheur dans la maison, lui sont chers. Alors, pour elle, Robert fond, cisèle et dore une moisson conséquente, qu’il signe indifféremment Robert Goossens ou Robert du Marais, référence au quartier de Paris qu’il affectionne. « En ce qui concerne les bijoux et les objets décoratifs, je pense être aujourd’hui le seul témoin de l’esprit créatif de Mademoiselle Chanel, professionnellement parlant. » Entre 1954 et 1971, elle a inventé un incroyable vocabulaire de formes qui ont marqué les arts décoratifs.

La collaboration avec Yves Saint-Laurent

Approché par la Maison Saint-Laurent qui souhaite recruter le « Monsieur Bijou » de la Maison Chanel, il débute en 1974 chez Saint-Laurent en collaboration avec Loulou de la Falaise qui lui suggère de nouvelles pistes d’inspiration. Ce sera l’Afrique ! Robert se documente et imagine une ligne de bijoux africanistes comme les modèles bambous tout en continuant à décliner les thèmes des cœurs et des croix, ainsi qu’à réaliser des lustres, des tables ou des miroirs. La collaboration est très fructueuse jusqu’en 2000. En 2005, Robert Goossens vend sa société à Chanel et s’accorde le temps de la retraite « active » comme il aime à le préciser. Il parraine ainsi l’atelier de création « Les Paruriers », où il dispense ses conseils à une équipe d’artisans d’art. Aujourd’hui, à 87 ans, Robert continue de rêver à de nouveaux projets : créer un atelier de formation pour les jeunes et les faire bénéficier d’une expérience hors du commun. Même si malicieusement il aime ajouter « Moi, j’ai appris mon métier dans la rue. »

OEUVRES

par page